La statue de Sainte Madeleine

La statue de Sainte Madeleine
La statue de Sainte Madeleine

Nous remercions Madame Pascale MOULIER , archiviste diocésaine, qui nous autorise à publier ici cet extrait de son livre sur les chapelles rurales:

Chapelles rurales du Cantal, éditions de la Flandonnière, 2014.

Dictionnaire statistique du cantal, tome V 1857  p 7.

 

Curieuses reliques à Paulhenc:

Le dossier « reliques » des archives diocésaines contient une curieuse pièce de 1524: des « poilz de sainte Magdaleine », enfermés dans un morceau de tissu rouge, lui-même enroulé dans une petite pièce de parchemin comprenant une inscription, dont voici la transcription:

« Saichent toutz presents et advenir que l’an mil cinq cens vingt-quatre le nobble Loys de Vixoze donna a la chapelle de Notre Damme de Turlande les presens poilz qui sont des poilz et reliques de la Marie Magdaleine auquel Vixouze Dieu doive saincte et ampres son trespas paradis Amen

*( Merci à Monique de la Roque pour la transcription.)

Ce qu’il faut comprendre en français moderne:
« Sachent tous, présents et à venir, que l’an mille cinq cent vingt-quatre le noble Louis de Vixouze donna à la chapelle de Notre-Dame de Turlande les présents poils qui sont des poils et reliques de Marie-Madeleine. [qu’en retourl Dieu doive audit Vixouze la santé, et après son trépas le Paradis. Amen. »

Le Dictionnaire statistique du Cantal mentionne, en 1857, la présence de reliques « enfermées dans un grand reliquaire ayant les armes des Bourbons » dans la chapelle de Turlande à Paulhenc. On y trouvait des reliques de saint Pierre, André, Blaise, Paul, Ferréol et Maximin ; du bois de la vraie croix, un fragment d’une pierre où reposa Marie lors de la fuite en Égypte, du linge de l’enfant Jésus, et concernant notre sujet, un os et des cheveux de sainte Madeleine. Ces dernières reliques, assez fantaisistes, appartiennent à une catégorie que Calvin moqua durement dans son Traité des reliques paru en 1543.

Le rédacteur de la notice du Dictionnaire statistique, Paul de Chazelle, signale également que la chapelle était  » fort vénérée des habitants du pays « , et placée sous l’invocation  de la sainte Trinité et de la sainte Vierge. Cette belle chapelle se trouve près des gorges de la Truyère dans un site grandiose. Un château l’enserrait, disparu aujourd’hui, d’où est issu le célèbre Robert de Turlande, fondateur de la Chaise-Dieu. De style roman, elle a été édifiée au milieu du XIIIème siècle et possède un riche mobilier. S’il ne reste trace de ce grand reliquaire, on peut y voir un beau retable du XVllème  siècle, de style « baroque campagnard », et encore récemment, s’y trouvait une belle Vierge en majesté du Xllème, ou début du XIIIème siècle, à mettre en relation avec le vocable « Notre-Dame » de la chapelle. Le retable recevait la statue de la Vierge dans la niche centrale tandis que saint Blaise et sainte Madeleine occupent encore les niches latérales. La présence de ces statues s’explique donc par l’existence de reliques.

Quant au donateur, Louis deVixouze, nous ne l’avons pas trouvé dans les bases de données généalogiques et nobiliaires. ll s’agit probablement d’un contemporain de Raymond ll Brunenc de Vixouze, seigneur de Comblat (1480-1561)

Statue de saînte Madeleine conservée dans la chapelle de Turlande. Selon son iconographie, Madeleine porte les cheveux détachés et le pot d’onguent avec lequel elle lave les pieds du Christ.

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